Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu un simple mythe
Chapitre
20 : Discussions et match de Quidditch.
Quelque part dans
le château, quatre heures du matin sonnèrent, brisant le silence… Un silence relatif,
troublé par le discret crépitement des flammes des torches fixées aux murs des
divers couloirs déserts… ! Un bruissement d’étoffe…, des bruits de pas qui
se voulaient aussi discrets que possible…, un jeune sorcier qui, au lieu de
dormir, dans son dortoir, parcourait couloir sur couloir… Il atteignit
finalement sa destination… : la porte de l’infirmerie.
Après avoir jeté
un coup d’œil autour de lui pour s’assurer que la voie était libre, il sortit
un morceau de parchemin de sa poche ainsi que sa baguette.
« Aciēs ! »
murmura-t-il.
Le papier se
transforma aussitôt en une petite tige d’acier qu’il introduisit dans la
serrure. Par expérience, il savait que Madame Pomfresh verrouillait la porte
d’un sort qu’elle seule (et Dumbledore probablement) pouvait annuler… ! Si
bien que même un sort d’ouverture n’aurait pu en venir à bout… ! Mais les
Maraudeurs avaient trouvé une parade, en recourant à la “méthode moldue” que
Peter avait trouvé dans un livre et qui, à l’étonnement de tous, s’était révélé
efficace… Ce “passe” leur permettait ainsi, depuis leur deuxième année, de
venir à l’infirmerie, à l’occasion, lorsque l’un d’eux s’y trouvait…
L’adolescent
crocheta donc habilement la serrure et la porte s’ouvrit silencieusement.
L’élève de Gryffondor sourit, rendit sa forme d’origine à la tige d’acier puis
rangea la feuille et sa baguette dans sa poche avant de se glisser dans la
pièce plongée dans la pénombre, refermant la porte derrière lui. Toujours sous
le couvert de la cape d’invisibilité, il se glissa parmi les lits qui
meublaient la vaste salle blanche, à la lueur tamisée de la lune qui
s’immisçait dans l’infirmerie par les fenêtres.
Il parvint
jusqu’au lit où il savait que l’infirmière avait installé Harry et se faufila
entre les rideaux tirés, au chevet de son camarade qui paraissait encore plus
pâle que la veille, sa main gauche soigneusement bandée.
« T’inquiètes,
tu vas vite aller mieux… ! » murmura le Maraudeur, tout en enlevant
sa cape d’invisibilité.
Il remonta d’une
main ses lunettes qui avaient, une fois de plus, glissé sur son nez, puis
sortit de sa poche une petite fiole contenant un liquide d’un blanc laiteux
qu’il posa précautionneusement sur la table de chevet qui se trouvait près du
lit de son camarade.
Il sursauta en
entendant du bruit derrière lui et se retourna vivement, pour se retrouver nez
à nez avec…
«
Remus ? » s’exclama-t-il, avant de se rappeler que son ami se
trouvait effectivement encore confiné à l’infirmerie.
Celui-ci,
l’observait, affichant une expression indéchiffrable, appuyé à l’un des piliers
du lit, les bras croisés, de grandes cernes sous les yeux. James se maudit
silencieusement de ne pas s’être rappelé que Remus, après ses pleines lunes,
passait deux jours à l’infirmerie… ! Par conséquent, il allait évidemment
lui demander ce qui avait entraîné la présence de Harry ici et, il ne faisait
aucun doute qu’il n’allait pas vraiment approuver son idée… ! Et il
regretta d’autant plus d’avoir oublié, également, le fait que Remus, de part sa
condition de Loup-Garou, avait des sens très développés, dont une ouïe très
fine…
« On dirait
bien… ! répliqua Remus. Quoiqu’il en soit, même si la raison de ta
présence ici est évidente…, j’aimerai bien savoir ce que vous avez fait pour
que Harry se retrouve ici…, et dans le coma… ! »
James grimaça,
mais lui avoua qu’il avait entraîné Harry dans la Forêt Interdite pour aller
tenir compagnie à Sirius et Peter, lors de leur retenue, et comment il s’est
fait mordre.
« Et il a donc fallut
que je retourne dans la forêt pour chercher les Larmes de Lune… ! »
conclut James, résumant considérablement les choses.
Remus le fixa un
long moment, dubitatif.
«- Tu as pris la
version courte de ton histoire, on dirait… ! commenta-t-il finalement,
moqueur. Mais peu importe… ! Je ne peux pas dire que j’approuve ton idée
mais…, je peux faire quelque chose pour t’aider ?
- Euh oui… ! J’ai préparé l’antidote,
mais il faut l’appliquer non seulement sur la zone touchée mais lui en faire
boire… ! Et je crois que, pour cela, ton aide ne sera pas de
trop ! » accepta James, visiblement soulagée par sa proposition.
Remus acquiesça
d’un signe de tête puis sourit.
«- Si seulement
Krayak avait la moindre idée de tes capacités en Potions, il reverrait son
jugement… ! commenta-t-il.
- Je suis sûr qu’il préfèrerait se faire
subir les pires tortures que d’admettre qu’une telle chose soit
possible… ! rétorqua James, amusé.
- Malheureusement… ! » soupira
Remus alors qu’ils se mettaient au travail.
Ayant enlevé le
bandage de la main de leur camarade inconscient, James agita soigneusement le
contenu de l’antidote qu’il avait préparé et en versa quelques gouttes sur la
morsure “en triangle” dont lui avait parlé Lily quelques heures plus tôt. En
quelques secondes la blessure se résorba.
«- En tout cas,
c’est efficace… ! observa Remus, attentif.
- On dirait bien, approuva James. Bien, à
présent, il faut lui en faire boire… ! Rem, est-ce que tu pourrais lui
relever la tête pour que je puisse lui administrer la potion… ? »
Ils mirent
aussitôt leur projet à exécution.
« Bon, il ne
reste plus qu’à attendre que ça agisse… ! soupira Remus.
- Si j’ai bien compris, il devrait revenir à
lui d’ici une douzaine d’heures… ! expliqua James.
- Hum… ! Mais tu devrais aller te
coucher pour les quelques petites heures qu’il te reste à dormir… ! Sinon,
tu ne tiendra pas la journée… ! »
James acquiesça,
tout en réprimant un bâillement.
«- C’est ce que
je vais faire ! assura-t-il. Et toi, comment ça va ?
- Comme d’habitude… ! répliqua
négligemment Remus. Mais je reprends les cours demain !
- D’ailleurs, ça me fait penser que j’ai tes
cours dans mon sac… ! Mais, avec tout ce qui s’est passé depuis la pleine
lune, ça m’était sortit de la tête… désolé !
- Ce n’est pas grave, je ne vais pas m’en
formaliser… ! certifia Remus. Allez, dépêche-toi de rentrer au dortoir, je
me chargerai de la porte ! »
* * * * *
James, ayant
regagné son lit, ne trouva pas pour autant le sommeil. Le poids qui avait, jusqu’à
présent, pesé sur sa conscience s’était considérablement réduit, si bien qu’il
avait l’esprit un peu plus libre maintenant qu’il avait fait ce qu’il devait
faire… Du moins, c’était le cas jusqu’à ce qu’il repense à la Forêt Interdite
et ce qui s’y était passé…, surtout avec Lily… !
Trois gifles en
quelques heures d’intervalle…, c’était le record… ! Mais ce n’était pas
cela qui le préoccupait, et le troublait le plus…, mais c’était ce qui s’était
passé, hors de la forêt, après qu’elle ait réparée ses lunettes… !
Il avait vraiment
faillit l’embrasser… ! Cette constatation n’eut pour seul effet que de le
troubler un peu plus encore. Il avait faillit embrasser Lily Evans… ! Il
ne savait pas ce qui l’avait poussé à ça, mais… ! On lui avait dit, une fois,
que la peur rapprochait les gens, et c’était sûrement ce qui s’était passé. Ou
bien ses sentiments, bien trop longtemps réprimés, à son égard avaient-ils pris
le dessus sur sa rationalité ?
Tout compte fait,
c’était peut-être lui qui avait des problèmes avec ses hormones… ?
Il secoua la
tête, pour éloigner cette pensée de son esprit et soupira, les bras derrière la
tête, allongé sur son lit. Il aimait la seule fille de toute l’école qui le
détestait plus que tout… ! C’était irréalisable…
* * * * *
La sonnerie stridente du réveil
retentit dans la chambre plongée dans la pénombre, arrachant les occupants (ou
plutôt les occupantes) du dortoir de leur sommeil. Des protestations étouffées
s’élevèrent aussitôt dans la pièce. La propriétaire de l’“objet infernal”
tendit à l’aveuglette le bras vers sa table de chevet, pour couper court au
bruit.
Cela fait, et une fois que la
sonnerie eut cessé de lui vriller les tympans, elle soupira, se retourna dans
son lit et remonta sa couverture sur ses épaules. Elle allait se rendormir
lorsque quelqu’un écarta brutalement les rideaux de son lit. Eblouie par la
lumière soudaine, elle protesta faiblement et vint enfouir sa tête sous son
oreiller.
«- Debout là-dedans… !
s’exclama, avec entrain, la jeune fille brune qui se tenait auprès du lit.
- Amy… ! marmonna Lily, toujours réfugiée sous son oreiller.
- Ah, non, tu ne va pas me faire croire que notre Préfète-en-Chef
préférée joue les paresseuses… ! plaisanta son amie. Allez,
lève-toi… !
- Pas envie… !
- Oh, mais tu n’as pas le choix, Lil ! rétorqua Amy.
Maintenant que ta machine démoniaque nous a réveillé, il est normal que tu te
lèves aussi… ! argumenta son amie, avant de soulever vivement l’oreiller,
arrachant un cri contrarié à sa camarade.
- Rends-moi ça, Amy… ! »
Les yeux vert foncés de la jeune
fille brillèrent malicieusement, alors qu’elle lançait l’objet sur son propre
lit.
« Pas tant que mademoiselle
n’aura pas daigné sortir du lit… ! » commenta-t-elle, d’un ton sans
réplique.
Lily l’observa d’un air las puis,
voyant qu’elle ne pourrait décidément pas se rendormir, elle finit par céder et
s’étira de tout son long.
«- Ca va, Lil ? s’enquit Amy,
observant son amie avec attention, l’air soudain inquiète.
- Bien sûr…, pourquoi ? répondit l’intéressée.
- Ben, c’est juste que
c’est bien la première fois que je te vois si peu motivée de te lever pour une
nouvelle journée de cours… !
- Oh, ne t’inquiète pas, je vais bien ! assura Lily en souriant.
C’est juste que je n’ai pratiquement pas fermée l’œil de la nuit.
- Encore ? s’étonna Amy. Et quel en était le motif cette
fois ? »
Lily n’eut guère le temps de
répondre car, au même moment, la porte menant à la salle de bain s’ouvrit sur
Elsa.
«- A qui le tour ? demanda la
blondinette à la cantonade.
- J’y vais… ! répliqua aussitôt Amy. Au moins, ça te laissera
le temps de sortir du lit et de te traîner jusqu’à la salle de bain, étant
donné que je suppose que tu vas rester ici pour aujourd’hui … ! »
ajouta-t-elle, taquine, à l’adresse de son amie qui lui répondit par une
grimace.
Amy eut, cependant, la gentillesse
de lui rendre son oreiller avant de gagner la salle de bain, la laissant seule
dans son lit.
Etant parvenue à rassembler un semblant de bonne volonté, elle
quitta la chaleur de ses draps et s’assis sur son lit, passant distraitement la
main dans ses cheveux emmêlés par une soirée plus qu’agitée…
Ayant, d’un sort négligemment lancé, refait son lit, elle
entreprit de préparer ses affaires pour la journée. C’est alors qu’elle aperçue
la cape qui se trouvait au pied de son lit…
« Oh, mince, la cape de Potter… ! murmura-t-elle. Avec
tout ça, j’ai complètement oubliée de la lui rendre… ! »
Elle n’eut, néanmoins, guère le temps de s’attarder sur la
question, et encore moins de réfléchir à la façon la plus appropriée, et aussi
la plus discrète, pour la lui rendre car Amy sortit au même moment de la salle
de bain. Lily soupira et glissa vivement la cape sous son lit tout en songeant
qu’elle aviserait plus tard, avant de partir vers la salle de bain.
Normalement, elle allait à celle des Préfets mais, exceptionnellement, elle ne
s’en sentait pas le courage…
* * * * *
Malgré le fait
qu’elle n’avait quasiment pas fermé l’œil de la nuit, Lily resta fidèle à
elle-même, bien que (peut-être) un peu plus aigrie qu’en temps normal, tout au
long de la journée.
«- Lil… ?
souffla Amy, durant le cours de Soins aux Créatures Magiques, la ramenant à la
réalité.
- Quoi ?
- Et bien, les Maraudeurs ont l’air de
sacrément t’inspirer… ! se moqua Elsa.
- C’est au moins la dixième fois depuis le
début de la journée que tu sembles perdue dans tes réflexions… en les
observant… ! renchérit Amy, sous un ton lourd en sous-entendu.
- Et on se demande bien lequel… ! ajouta
Elsa.
- Oh, arrêtez un peu, toutes les deux, avec
ça… ! » protesta Lily, avant de s’efforcer à se concentrer sur le
cours théorique sur les Knarl, que le professeur Brûlopot leur dispensait.
Ecoutant distraitement
les paroles de son professeur, et essayant d’ignorer les sourires moqueurs que
ses deux amies continuaient à afficher, Lily ne tarda pas, une fois de plus, à
reporter son attention vers le “quatuor infernal” à nouveau complet. En effet,
Remus était revenu en cours le matin même…, l’air encore quelque peu fatigué
mais sans plus… Lily observa, un bref instant le jeune loup-garou, puis son
regard passa, machinalement, sur le Maraudeur qui se trouvait à côté de lui…,
et qui n’était autre que James Potter… qui suivait négligemment le cours, la
tête appuyée sur sa main gauche.
Depuis les
évènements de la veille, elle le voyait, désormais, sous un autre angle… Elle
revint brutalement à la réalité lorsqu’on frappa à la porte de la salle de
classe où ils se trouvaient, exceptionnellement.
« Entrez ! »
lança sèchement le professeur, n’appréciant visiblement que moyennement le fait
d’être interrompu au beau milieu de son cours, alors que tous les élèves se
tournaient vers l’arrière de la salle.
La porte s’ouvrit
aussitôt, sur le professeur McGonagall, sous le regard interrogateur des
Gryffondor et Serpentard de septième année qui se trouvaient là.
« Désolée de
devoir interrompre votre cours, Hector ! commença la directrice-adjointe.
Mais je dois vous emprunter Mr Potter et Miss Evans… ! »
Un murmure
s’éleva parmi les étudiants, alors que les deux intéressés échangeaient un
regard. Lily songea que ça devait probablement avoir un rapport avec la
préparation du bal de Halloween, malgré le fait que, s’il s’était s’agit de
cette raison, la directrice-adjointe les aurait plutôt demandés en dehors des
cours… Mais, devant l’air sévère de l’enseignante, la jeune fille en vint alors
à penser qu’elle avait, peut-être, eu vent de leur escapade de la veille…
«- Mais bien sûr,
Minerva ! accepta le professeur.
- Et qu’ils emmènent aussi leurs
affaires ! » ajouta le professeur de Métamorphose.
Les deux
Préfets-en-Chef s’exécutèrent aussitôt et se hâtèrent de rejoindre leur responsable
qui referma la porte derrière eux.
« Le directeur
m’a demandé de vous faire savoir que Mr Calaway est, non seulement revenu à
lui, mais aussi tiré d’affaire… !
- Harry est guéri ? » s’exclama
Lily, avant de jeter un bref regard à James qui souriait, l’air satisfait de
lui.
Bien sûr, c’était
lui qui avait les Larmes de Lune… ! Il avait dû préparer l’antidote…
« En effet !
confirma la directrice-adjointe. En tant que Préfets-en-Chef et aussi, en tant
que Capitaine de votre camarade, le directeur a fait en sorte que vous puissiez
le voir à l’infirmerie… ! Et, tant que je vous ai sous la main, je
tiens à vous rappeler que vous avez une réunion ce soir… ! »
conclut-elle.
* * * * *
«- Vous avez de
la visite, Calaway… ! commenta Madame Pomfresh, les lèvres pincées,
montrant ainsi sa désapprobation.
- C’est vrai ? Qui ça ? s’enquit
aussitôt l’adolescent, enthousiasmé.
- Vous le constaterez par
vous-même… ! » répondit, simplement, l’infirmière en s’écartant pour
révéler la présence des deux Préfets-en-Chef de Gryffondor.
Harry sourit en
les apercevant.
«- Pas plus de
cinq minutes ! avertit l’infirmière, à l’adresse des deux visiteurs avant
d’aller s’enfermer dans son bureau.
- Décidément… ! soupira James en prenant
un ton exagérément tragique. Elle vieillit notre chère infirmière… elle
radote… ! »
Harry eut un
léger rire, et Lily esquissa un bref sourire, mais elle se reprit aussitôt.
« Potter, si
elle juge préférable de te le rappeler c’est pour la simple et bonne raison qu’elle
te connais bien assez pour savoir que, sans cela, tu accaparerais ses malades
trop longtemps… ! »
Harry se retint
de lever les yeux au ciel… Franchement, pourquoi fallait-il qu’à chaque fois
que leurs relations commençaient à s’améliorer, l’un d’eux se dépêche de tout
gâcher… ? Lily le tira à ses interrogations en reprenant la parole alors
que, derrière elle, James grimaçait.
«- Alors, Harry,
comment vas-tu ? demanda-t-elle d’une voix douce qui contrastait avec le
ton presque dur qu’elle avait employée un peu plus tôt.
- Très bien…, d’ailleurs, Pomfresh pense que
je pourrai reprendre les cours demain… !
- Déjà ? s’étonna James. C’est bien la
première fois qu’elle admet qu’un de ses protégés est apte à sortir moins de
vingt-quatre heure après son retour parmi nous… ! Enfin, c’est pas plus
mal, étant donné qu’on a un match dans quelques jours… !
- Potter… ! soupira Lily, visiblement
irritée.
- Oh, ne t’inquiète pas, James, je n’ai pas
l’attention de vous faire faux-bond pour le match… ! assura Harry, assis
sur son lit. Au fait, qu’est-ce qui s’est passé, après que je me sois fait
mordre je veux dire ?
- Oh, ça…, c’est une très longue
histoire… ! répondit James qui eut soudain l’air quelque peu embarrassé.
Enfin, pour faire bref, je t’ai emmené à l’infirmerie, avec l’aide de Sirius et
Peter… ! Au bout de je ne sais combien d’heures de recherches, j’ai fini
par trouver l’antidote nécessaire…, mais, pour ça, j’ai dû retourné dans la
forêt interdite, le lendemain… ! commença-t-il. Mais c’était sans compter
sur Evans qui, ayant fait ses propres recherches, m’a accompagné… ! Malgré
une soirée… riche en évènements, on a fini par ramener des Larmes de Lune pour
préparer l’antidote…, que j’ai préparé et que je t’ai donné, avec l’aide de Remus,
ce matin… ! »
Harry eut la
nette impression que le Maraudeur lui cachait quelque chose, d’autant plus
qu’il avait eut le temps de voir Lily rosir légèrement avant de trouver un
intérêt soudain pour la pointe de ses chaussures. Harry sourit et acquiesça d’un
signe de tête.
« Donc, ça
fait un peu plus d’une journée que je suis là ? » déduisit Harry.
Madame Pomfresh
surgit alors de son bureau, un gobelet contenant une potion orangée, et mit les
deux Préfets-en-Chef à la porte.
« Allez,
Calaway, si vous voulez sortir demain, prenez ça… ! » lâcha
l’infirmière en lui tendant le produit.
Harry soupira,
mais prit relativement docilement la potion.
* * * * *
Et,
effectivement, le lendemain matin, Harry fut autorisé à rejoindre les autres Gryffondor,
alors que ces derniers quittaient la Grande Salle pour aller en cours de
Défense Contre les Forces du Mal. Le cours s’était parfaitement bien passé, les
élèves commençant à se faire à l’accent plus qu’étrange de leur professeur qui,
ce jour-là, leur avait fait un cours théorique sur les Patronus.
La journée
s’était relativement bien passée, en dehors d’un petite altercation avec les
Serpentard durant le cours de Soins aux Créatures Magiques mais qui avait
rapidement tourné court, le professeur Brûlopot s’étant hâté d’intervenir pour
régler la dispute…
Ce soir-là, le
dernier entraînement de l’équipe avant le match se passa à merveille… !
Tous avaient été ravis de retrouver leur Attrapeur et ami dans leur rang…
Joshua Hunter, le nouveau Poursuiveur, ainsi que Williams Watson, le second
Batteur, étaient, à présent, parfaitement intégrés dans l’équipe et donnaient
le meilleur d’eux-mêmes.
«- Les
Poufsouffle n’auront qu’à bien se tenir… ! s’exclama joyeusement Sirius
alors que les sept Gryffondor quittaient le stade, avec bonne humeur.
- Ca, tu l’as dit… ! » approuva
Elvira, en souriant largement.
* * * * *
Le lendemain, Harry était dans la
salle commune, observant, en compagnie de Remus et Peter, Sirius et James qui
s’affrontaient aux échecs. Plongé dans son observation, Harry tressaillit
lorsqu’une voix familière s’adressa à lui.
«- Harry… ! Je pourrai te
parler, en privé, un instant ? demanda Lily qui s’était discrètement
approchée du petit groupe.
- Euh oui… ! répondit l’adolescent, un peu pris au dépourvu.
Je reviens ! » lança-t-il à l’adresse de ses camarades en se levant.
Suivant la jeune fille, il quitta la
Tour de Gryffondor. Tous deux restèrent silencieux et allèrent s’asseoir sur
les marches menant au parc.
Au bout d’un moment, Lily soupira et
prit la parole.
«- Tu as l’air de très bien
t’entendre avec Potter ! commença-t-elle, les yeux dans le vague.
- On peut dire ça… !
- Et vous êtes plutôt proches, non ?
- Moins qu’il ne peut l’être avec Sirius… ! Pourquoi ?
- Mais je ne peux certainement pas en parler à Black… !
répliqua Lily, visiblement plus à elle-même qu’autre chose. D’abord, il se
moquerait puis il se hâterait de tout dire à Potter ! »
Harry l’observa avec curiosité. Elle
gardait le regard fixe, l’air profondément songeuse.
«- Mais toi, tu n’es pas comme
eux… ! continua-t-elle. Je sens que je peux te faire confiance… !
- En tout cas, je ne dirait rien, quoi que ce soit ! Tu en as
ma parole… ! »
Elle rencontra son regard et lui
sourit, avant de reprendre son air pensif alors qu’un autre moment de silence
s’instaurait entre eux. Finalement, elle soupira et se lança.
« Bon, alors
voilà… ! Supposons que…, je dis bien supposons… que je l’aime… ! Si
c’était le cas… ce qui ne l’est pas du tout étant donné que ce n’est qu’une
supposition… qu’est-ce que je devrais faire pour le lui montrer ? »
Harry éclata de
rire, alors que Lily, mal à l’aise, baissait les yeux, les joues écarlates.
« Eh, ne te
moque pas, ce n’est pas drôle ! » marmonna-t-elle, en lui tapant,
sans méchanceté, le bras.
Mais Harry ne fit
qu’en rire encore plus.
« Bon, ça
va… ! grommela-t-elle. Ce n’est pas qu’une supposition… ! Enfin, bon,
et après… ? Qu’est-ce que je suis sensée faire ? »
Devant l’air
visiblement vexée de la jeune fille, Harry reprit contenance.
«- Tu sais, si tu
veux lui montrer que tu t’intéresses à lui, tu devrais commencer par venir voir
les matchs… ! Ca lui ferait plaisir… ! suggéra Harry.
- Tu crois… ? Il ne se rendra sûrement même
pas compte de ma présence… !
- Je n’en suis
pas si sûr… ! Après tout, sans vouloir t’offenser, on a du mal à ne pas te
remarquer… ! »
Lily eut une
légère grimace puis redevint grave.
«- Tu crois
vraiment qu’il s’en rendrait compte… ? insista-t-elle.
- Sûr et certain ! » certifia
Harry.
Lily hocha
pensivement la tête.
«- Je vais y
réfléchir… !
- Hum… ! Ah, et autre chose, Lily, quand
il essaye de faire un effort, évite de le rembarrer comme tu le fais… ! Il
n’y a pas que les filles qui n’aiment pas se faire envoyer paître à la moindre
tentative pour établir un quelconque contact… ! Plus d’une fois, il a
essayé d’être sympa avec toi depuis le début de l’année, et chaque fois tu l’as
rabaissé, giflé ou j’en passe… ! Franchement, crois-moi, ce n’est vraiment
pas la meilleure façon de montrer à un garçon qu’il t’intéresse… ! »
Lily rougie,
gênée, mais se hâta de se reprendre, alors qu’un autre moment de silence
retombait.
« La vie est vraiment quelque chose d’étrange, tu ne
trouves pas ? Je veux dire, d’abord on déteste quelqu’un puis on en vient
à vouloir faire sa vie avec cette personne… ! » lâcha-t-elle
finalement, semblant trouver un intérêt soudain pour ses chaussures.
Harry eut un léger sourire.
«- Qui aime bien, châtie
bien… ! commenta-t-il, tranquillement. Tu l’aimes depuis quand ?
- Peut-être depuis la quatrième année, ou peut-être même
avant… ! Je ne sais pas trop… ! Je n’en ai prit conscience que
dernièrement… ! avoua-t-elle. Mais, des fois, il m’énerve… ! Les
Maraudeurs sont toujours à faire des bêtises et on dirait que leur passe-temps
préféré est de trouver le moyen de faire perdre le plus de points possibles à
Gryffondor… ! Et puis, ils sont tellement… immatures !
- Rectification… ! Tous ensemble, ils sont, comme tu le dis,
carrément immatures… ! Mais, pris à part… ! Bon, peut-être pas Sirius
mais… ! »
Lily sourit légèrement.
« Tu as bien vue, quand tu étais
chez les Potter, pendant les vacances, et même ces derniers temps, que James
était beaucoup plus calme qu’en temps normal … ! »
Lily eut une moue dubitative mais
resta silencieuse un long moment.
« Tu sais, je ne veux pas te
forcer la main, mais James n’est pas du tout comme tu le penses… ! reprit Harry. Bon, d’accord, c’est vrai que,
surtout quand il est avec Sirius, il n’en donne pas l’air mais… ! C’est
quelqu’un de bien… !
Lily acquiesça silencieusement, les
yeux dans le vague, et ne prononça pas le moindre mot pendant quelques minutes,
perdue dans ses réflexions.
«- Mais, tu crois
vraiment que… ?
- Bon, on ferait bien de
rentrer au château ! annonça soudain Harry, après avoir fait mine de jeter
un œil à sa montre, en se levant, un petit sourire aux lèvres.
- Harry… ! protesta-t-elle, passée le
premier moment de surprise. Réponds-moi, tu crois que c’est
réciproque… ? »
L’adolescent lui
répondit par un petit sourire énigmatique qui, une fois de plus, rappela
quelque chose à Lily, même si elle était incapable de définir ce que c’était.
Elle se renfrogna.
« Je déteste
quand tu fais ça… ! » soupira-t-elle.
Harry sourit un
peu plus largement.
* * * * *
Remontant vers le
château, en compagnie de Harry, Lily ne pût s’empêcher de repenser à sa première
rencontre avec James…, un jour qui était gravé dans sa mémoire…, le jour où
elle avait découvert le Chemin de Traverse grâce aux explications d’un
représentation du Ministère de la Magie.
<flash-back>
Elle entra, d’un
pas incertain, dans la boutique à l’air austère…, mais ne pût s’empêcher de
ressentir une pointe de soulagement, en y apercevant un adolescent de son âge
qui se retourna en entendant le carillon sonner. Il la détailla un bref
instant, visiblement un peu étonné, comme s’il s’était attendu à l’arrivée de
quelqu’un d’autre, puis lui sourit largement.
«- Salut !
lança-t-il, avec enthousiasme.
- Salut ! » répondit-elle à son
tour, en rosissant.
Il y eut un
moment de silence durant lequel elle l’étudia en détail… Un grand dadais dégingandé
et encore mal “dégrossi” aux cheveux noirs en bataille et dont les lunettes
encerclaient des yeux bleu foncés qui pétillaient de bonne humeur.
«- Tu rentres à
Poudlard ? demanda-t-il finalement.
- Oui… !
- Moi aussi… ! Tu es toute seule ?
- Euh, oui… ! Mes parents ne pouvaient
pas m’accompagner…, et puis, ils comprennent encore moins bien que moi tout
ça… !
- Tu appartiens à une famille de Moldus,
non ?
- Moldus ? répéta-t-elle, sans
comprendre.
- Bon, je crois que ça répond à ma
question… ! commenta-t-il en souriant. Mais, ici, un Moldu c’est quelqu’un
qui n’a pas de pouvoirs magiques… !
- Ah… ! Dans ce cas, oui… !
répondit-elle. J’ai eu la surprise de ma vie en recevant ma lettre de Poudlard… ! »
Il sourit, puis
sembla réaliser quelque chose.
«- Au fait, on ne
s’est pas présenté… ! Moi, c’est James Potter ! annonça-t-il en lui
tendant la main.
- Et moi, Lily Evans ! répondit-elle en
retour en lui serrant la main, après un bref instant de silence.
- Ravi de te connaître, Lily… ! Si tu
veux, on peut faire nos achats ensemble… ! suggéra-t-il. Je veux dire, je
suis ici avec un ami et sa mère, mais je ne crois pas que ça poserait de
problème que tu nous accompagnes… ! On t’expliquera tous les petits trucs
du Chemin de Traverse… ! »
<fin du flash-back>
Elle esquissa un
léger sourire… ! Sa première rencontre au sein du monde magique n’était
autre que James Potter… ! Le James Potter avec qui elle n’avait cessée de
se quereller depuis pratiquement le début de leur scolarité au château… !
En fait, en y repensant, elle ne se rappelait même pas ce qui avait entraîné
leur prise de distance… ! Ils s’étaient, pourtant, très bien entendu…
puis, brusquement, tout avait changé entre eux moins d’une semaine après leur
entrée à Poudlard… Mais, jusque là, elle ne s’était jamais vraiment préoccupée
de ces raisons… ! Elle soupira, perdue dans ses réflexions… Oui, James
n’était pas comme elle se l’était imaginée durant près de sept ans… ! Il
était, vraiment, bien plus que le meneur des Maraudeurs… !
D’ailleurs,
depuis la rentrée, le “quatuor infernal plus un” (beaucoup incluait, à présent,
Harry, comme membre des Maraudeur) se montrait relativement calme…, en dehors
de la blague de Sirius sur les premières années et la fois où il avait essayé
de lui faire une blague qui lui avait, d’ailleurs, valut une retenue… !
Lily sourit… ! En fait, la blague de Sirius aurait probablement réussi si
elle n’avait pas, depuis ce qui s’était passé en seconde année, eut l’idée de
soumettre son lit à un sortilège d’absorption, qui contrait ainsi la plus
petite “blague magique” dont elle aurait pu être la cible… Par la suite, elle
l’avait doublé d’un sort de désarmement…, ce qui avait fait que Sirius…, et
Peter par la même occasion, avaient perdu leur baguette, sans même sans rendre
compte…
Elle revint à la
réalité en prenant conscience que Harry, les mains dans les poches, lui disait
quelque chose.
« Euh,
excuse-moi, je n’ai pas entendu ce que tu as dit ! » lâcha-t-elle.
Harry se tourna
vers elle, un léger sourire aux lèvres, mais il consentit à répéter sa
question.
«- En tant que
Préfète-en-Chef, je suppose que tu vas au Bal de Halloween, non ?
- Oui…, mais c’est seulement par
obligation… ! Je dois y assister… mais sans plus… ! Je ne compte pas
y passer toute la soirée ! Et toi ?
- Hum… ! Je n’aime pas spécialement les
bals ou les trucs du genre, mais oui… histoire de se changer un peu les
idées… ! Ca pourrait être intéressant à voir… !
- Tu t’es trouvé une cavalière… ? »
Harry éclata de
rire et secoua la tête.
«- Non ! Et
à vrai dire, je n’ai même pas cherché à en trouver une… ! Je veux dire,
après tout, j’ai déjà une petite-amie et…, enfin, j’aurai l’impression de la
trahir un peu si j’allais à une fête avec quelqu’un d’autre… !
- Ah… ! Mais, ça ne te manque pas tout
ça ? Le fait de ne pas avoir de nouvelles de tes amis, de ta famille, de
ton pays, de ton école ? »
Harry grimaça.
« Si, un
peu… ! Mais, comme on dit “pas de nouvelles, bonne
nouvelle”… ! » ajouta-t-il en esquissant un petit sourire que Lily
trouva un peu forcé.
Le silence revint
entre eux, alors qu’ils regagnaient le château. Ils se séparèrent en haut de
l’escalier de marbre, Lily partant pour la Bibliothèque alors que Harry devait
rejoindre les Maraudeurs.
«- Eh, Lily,
n’oublies pas ce que je t’ai dit, pour tu-sais-quoi ! lança alors Harry.
- J’y penserai… ! » assura-t-elle
en souriant.
Elle commença à
s’éloigner.
«- Ah… j’y pense…
eh, Harry ! le rappela-t-elle soudain en revenant sur ses pas, alors que
l’intéressé se retournait.
- Oui ?
- Euh, tu pourrais donner un truc à Potter de
ma part… ? demanda Lily, tout en posant son sac par terre et y chercher
quelque chose.
- Bien sûr ! » approuva Harry,
quelque peu intrigué.
Lily sortit la
cape, soigneusement pliée, de son sac et la donna à Harry, mal à l’aise.
«- Je pense qu’il
comprendra… ! précisa simplement Lily. Et dis-lui…, quand vous ne serez
que tous les deux, que… que je le remercie et que je suis désolée de ne pas la
lui avoir rendue plus tôt… !
- Pas de problème ! certifia Harry,
visiblement amusé, tout en glissant l’objet sous sa cape, alors que Lily
refermait son sac et le remettait sur son dos.
- Merci ! souffla-t-elle, le teint un
peu plus écarlate que de coutume. Merci beaucoup… ! Bon, il faut vraiment
que j’aille à la Bibliothèque, Elsa et Amy m’y attendent. A plus
tard… ! »
Sur ce, elle se
hâta de reprendre le chemin de la Bibliothèque.
* * * * *
Lorsque Harry
regagna la Tour de Gryffondor, James avait laissé sa place à Remus, face à
Sirius, et Peter était, visiblement, plongé dans la lecture d’un épais
grimoire.
«- Alors,
qu’est-ce que Evans te voulait ? demanda James, en voyant Harry arriver.
- Oh, on a discuté de tout et de
rien ! » répondit évasivement Harry, tout en s’installant dans un
fauteuil à côté du Maraudeur.
James lui adressa
un regard en coin et haussa un sourcil, l’air perplexe.
« Patmol, tu fais
vraiment n’importe quoi ! » commenta Remus, en éliminant le cavalier
de son ami.
Harry sourit,
alors que Sirius rouspétait, puis se tourna vers James.
« Ah oui,
j’y pense, sur le chemin du retour, on m’a chargé de te rendre quelque
chose ! » annonça discrètement Harry en sortant la cape que lui avait
confié Lily de sous la sienne.
James fronça, de
prime abord, les sourcils puis il esquissa un petit sourire gêné.
«- Oh, je n’y
pensais même plus… ! commenta à voix basse James, tout en récupérant son
dû.
- Je vois ça… ! observa Harry, amusé.
Sinon… ! ajouta-t-il, tout en jetant un bref regard à Sirius qui était
trop absorbé par ses réflexions et aux deux autres Maraudeurs avant de
continuer, baissant encore un peu plus la voix. Elle te remercie et s’excuse de
ne pas te l’avoir rendue plus tôt… ! »
James acquiesça
et sourit.
* * * * *
Les sept joueurs se trouvaient dans
leur vestiaire et achevaient de se préparer en vue du match. James observa ses
coéquipiers qui achevaient de se préparer. La veille au soir, le temps s’était
dégradé, si bien que des nuages noirs s’amoncelaient à présent au dessus de
l’école. Comme à son habitude dans ces cas là, James avait jugé préférable
d’imperméabiliser ses lunettes, pour ne pas être gêné, au cas où le mauvais
temps s’aggraverait.
« Contentez-vous de jouer comme à l’entraînement et tout se
passera bien… ! Je sais qu’on a une bonne équipe… une équipe à la hauteur
de la réputation de Gryffondor… ! » assura James, essayant ainsi de
rassurer les deux nouveaux de l’équipe, mais aussi en guise de discours.
Disant cela, il croisa, brièvement
le regard de Harry et celui acquiesça d’un signe de tête entendu. Harry savait
parfaitement ce qu’il avait à faire, James l’ayant briefé avec soin sur les
particularités des joueurs de l’équipe adverse.
Un brouhaha croissant au dessus
d’eux leur annonça l’arrivée des autres élèves dans les tribunes… Les sept
Gryffondor restèrent, un long moment, silencieux, perdus dans leurs réflexions,
jusqu’à ce que le Capitaine donne le signal de départ…
« Allez, on y va… ! »
annonça-t-il, en se levant, son balai à la main, rapidement imité par Sirius,
Harry puis les autres.
Les adolescents gagnèrent la sortie
et pénétrèrent sur le vaste terrain. De là où ils étaient, ils pouvaient
apercevoir les robes bleues de leurs adversaires, à l’autre bout du terrain,
mais, surtout, ils n’entendaient que trop bien les hurlements enthousiastes de
la foule des élèves amassés dans les tribunes.
«- Et voilà l’équipe tant attendue
de Gryffondor qui fait son entrée !!!! s’écria alors Mondingus, toujours
en charge du poste de commentateur. Vainqueur en titre de la dernière coupe de
Quidditch inter-maisons, ils partent comme favoris pour cette année
également,… !
- Mr
Fletcher… ! intervint McGonagall. Il me semble
que vous n’êtes pas là pour faire de la publicité pour votre maison mais pour
commenter le match… !
- Oui professeur… ! Alors, on a pu remarquer que si la non
moins excellente équipe de Serdaigle n’a pas connu trop de bouleversement dans
sa composition, comme vous l’avez constatez un peu plus tôt, l’équipe de
Gryffondor a été recomposée après le départ de Franck Londubat et de Ludovic
Verpey… ! Si bien que l’équipe des Gryffondor est toujours menée par son
Poursuiveur, et bien évidemment Capitaine, James Potter, suivit par Harry
Calaway qui occupe le poste d’Attrapeur et nous a offert, l’année dernière, une
magnifique prestation lors de la mémorable finale contre Serpentard... Au poste
de Gardien, François Dubois est toujours fidèle au poste…Du côté des
Poursuiveurs, Elvira Bell et Potter se voient accompagnés par Joshua Hunter,
tandis que, pour les Batteurs, on retrouve Sirius Black et Williams
Watson… ! commença Mondingus. Les deux équipes ont, à présent, rejoint le
professeur Bibine au milieu du terrain… ! Potter et Andrews se serrent la
main… ! »
En effet, comme avant chaque match,
les Capitaines des deux équipes devaient se serrer la main.
« Enfourchez vos
balais… ! » intima ensuite le professeur Bibine.
Les quatorze joueurs ne se firent
pas prier et se mirent aussitôt en place, en cercle, à quelques mètres
d’altitude, les deux Attrapeurs se positionnant encore un peu au dessus de
leurs coéquipiers respectifs. Le professeur Bibine ouvrit le coffret qui contenait
les balles, sous le silence tendu qui régnait dans les tribunes. Aussitôt les
deux Cognards s’échappèrent de la boîte, rapidement suivis par le Vif d’or, la
petite balle dorée venant “narguer”, l’espace d’un instant, les deux
Attrapeurs, passant à quelques centimètres de leur nez, avant de s’éloigner et
disparaître de leur vue. Pendant ce temps, leur arbitre et professeur avait
pris le Souaffle et, sifflet aux lèvres, s’apprêtait à donner le coup d’envoi.
Elle lança la balle rouge en l’air,
et le coup de sifflet retentit, alors que James, comme à son habitude,
s’emparait rapidement du Souaffle, sous les encouragements assourdissants qui
s’élevaient des tribunes de Gryffondor.
« Gryffondor est en possession
du Souaffle, par l’intermédiaire de Potter, suivie par Bell et Hunter… !
annonça Mondingus. Toutes trois foncent vers les buts adverses… Potter passe à
Hunter… ! Qui renvoie à Bell… ! Nouvelle passe à Hunter qui tire
et… ! Non, Well a bloqué la balle et la remet en jeu vers Perkins,
mais… ! Bell intercepte la balle, la renvoie à Potter qui tire et…
MARQUE… ! Gryffondor ouvre le score… ! » s’écria-t-il, alors que
des exclamations enthousiastes s’élevaient.
* * * * *
Harry, survolant la scène, suivi par
Alexis McAllister, observait distraitement l’évolution de l’équipe, jetant, de
temps à autre, un bref regard vers les tribunes. Dans le même temps, en dessous
des deux Attrapeurs, les joueurs se livraient un match sans pitié. La défense
des Gryffondor était mieux constituée que celle des Serdaigle et leur gardien
avait quelques points faibles que les Gryffondor avaient pu repérer lors des
différents matchs que l’équipe avait joué. Sirius et Williams, eux, se
montraient sans pitié, et harcelaient les joueurs adverses d’une “pluie de
Cognards”, de sorte que les Batteurs de l’autre équipe avaient du pain sur la
planche pour protéger leurs Poursuiveurs des grosses balles noires que les deux
Gryffondor renvoyaient sans cesse vers eux.
« Elle n’est pas là… ! Je
suis sûr qu’elle viendra ! » songea Harry, en reportant son
attention, pour la énième fois, vers les tribunes.
Il revint à la situation présente,
alors que Mondingus poursuivait ses commentaires.
« Well remet en jeu et passe à Perkins qui passe à Dewil qui
envoie à Boots qui repasse à Perkins et… ! Non… ! En voulant éviter
un Cognard venant de Black, Perkins perd le Souaffle qui est récupéré par
Hunter qui renvoie alors la balle à Bell tandis que Sherer veut renvoyer le
Cognard sur Bell, mais Watson contrecarre ses projets en renvoyant le Cognard
sur Boots qui voulait intercepter le Souaffle que Bell envoyait à
Potter… ! »
Harry cessa d’écouter, en voyant un
petit groupe de trois filles se faufiler dans les tribunes de Gryffondor. Lily
avait finalement choisie de suivre ses conseils… Ca allait faire plaisir à
James…
* * * * *
James envoya le Souaffle à Joshua,
qui le rattrapa avec difficulté. Le maraudeur jeta machinalement un regard vers
les tribunes. Il ne savait pas ce qu’il espérait à passer son temps à détailler
la foule massée dans les gradins… Mais quelle ne fut pas sa surprise en
apercevant un éclat auburn parmi les spectateurs de sa maison… Elle était
là… !
Le morale soudainement au beau fixe,
James se concentra à nouveau sur son match, juste à temps pour voir Elvira
lancer le Souaffle vers les buts des Serdaigle. C’était le moment où jamais de
bien jouer.
« …tire à nouveau et… BUT… !
GRYFFONDOR MENE PAR VINGT A ZERO ! »
Quelques gouttes de pluies commencèrent à tomber, mais James avait
déjà joué dans des conditions bien pires, donc, il ne s’en inquiétait guère et
la pluie, pour l’instant, était trop faible pour risquer de gêner la visibilité
des joueurs… ! Il reporta, cependant, toute son attention sur le jeu.
« Well remet le Souaffle en jeu, en l’envoyant à
Perkins qui passe à Boots qui envoie à Dewil… ! Une autre passe vers
Boots, qui évite adroitement un Cognard envoyé par Watson et passe à Perkins
qui renvoie à Dewil qui tire et… ! NON… ! Dubois bloque le Souaffle
et le renvoi à Bell qui passe à Potter qui fonce vers les buts adverses et
passe à Hunter… ! Et… ! Oh, non ! En voulant éviter un Cognard que
lui envoyait Dugray, Hunter lâche le Souafle qui est récupéré par... Potter qui
retente sa chance face aux buts ! Il tire et... MAAAARQUEEEE ! TRENTE A ZERO EN
FAVEUR DE GRYFFONDOR ! Visiblement, l’équipe de Gryffondor à la grande forme
car elle met but sur but… ! Well remet en jeu et… ! Oh, Calaway vient
de piquer… ! La chasse au Vif est-elle ouverte ? »
* * * * *
Effectivement,
Harry venait de voir le Vif d’or qui zigzaguait à deux mètres du sol. Alexis
tenta, vainement, de lui tenir tête mais son Etoile Filante était, tout de
même, inférieur au Nimbus 1700 que Harry utilisait… ! Mais l’Attrapeur de
Serdaigle n’avait pas dit son dernier mot car il piqua, dans une autre
direction et…
« Oh,
McAllister vient de couper la route de Calaway qui est obligé de redresser en
catastrophe, tandis que McAllister a l’air satisfait de sa
diversion… ! »
Le Vif d’or avait
disparu… Harry reprit de la hauteur, alors que, dans les tribunes des
Gryffondor, des cris de protestations s’élevaient avec force.
« Très
bien… ! Si tu veux jouer à ce p’tit jeu… ! » grommela Harry.
S’il semblait
prêt à tout faire pour l’empêcher d’attraper le Vif, il allait commencer par
garder son adversaire à distance. Il jeta un bref regard autour de lui et
sourit en découvrant qu’Alexis était, pour le moment, à l’autre bout du
terrain.
« Et Gryffondor ajoute encore
un but à son actif… ! s’écria Mondingus. QUARANTE A ZERO… ! »
Harry revint à la réalité,
s’efforçant de reporter toute son attention sur le terrain, à la recherche du
Vif d’or, songeant que la pluie ne semblait pas s’intensifier.
«- Well remet le Souafle en jeu vers
Sherer et… ! Non, la balle est interceptée par Potter qui tire aussitôt
et… ! ENCORE UN AUTRE BUT… !!! Les Gryffondor sont incontestablement
les meilleurs cette… !
- Mr Fletcher… ! l’interrompit McGonagall, sur un ton
d’avertissement.
- Oui
professeur… ! Je me contente de commenter le match… ! soupira
l’intéressé. Bon, alors, Well relance le Souaffle à Boots qui passe à Sherer
qui… ! Oh, en voulant éviter un Cognard lancé par Black, Sherer perd le
Souaffle qui est récupéré par Bell qui passe à Potter qui envoie à Hunter qui
tire et… ! Well bloque… ! »
Harry, plongé dans sa recherche du Vif, ne réalisa pas
qu’Alexis était revenu derrière lui car, au même instant, il aperçut le Vif
d’or, près des tribunes de Poufsouffle.
« Le
Souaffle est remis en jeu.. ! Interception de Potter qui tire… et marque… !
UN NOUVEAU BUT POUR GRYFFONDOR !! Décidément, Potter a la pêche
aujourd’hui… ! Well relance, une fois de plus la balle et… ! Oh !
Calaway et McAllister viennent de piquer… ! Ils sembleraient que les deux
Attrapeurs aient vus le Vif d’or. Eh ! s’écria-t-il soudain, indigné. Dewil
vient de couper la trajectoire de Calaway, tandis qu’un Cognard envoyé par
Watson, distrait Chang… ! Cette intervention a permit au Vif de
disparaître, une fois de plus ! Boots est, à présent, en possession du Souafle
et fonce, seul vers les buts ! Il s’apprête à tirer... ! Non… ! Un Cognard,
envoyé par Black fonce sur lui, l’obligeant à lâcher le Souafle qui est
récupéré par... Potter qui repasse à Bell et...Oh ! Calaway semble avoir
repéré, une fois encore, le Vif ! Il amorce un piqué spectaculaire vers les
buts adverses, clouant sur place McAllister, et...Oui !!!!! Calaway a le Vif
d’or !!!! Gryffondor gagne par DEUX CENT DIX A ZERO !!!! »
Le coup de sifflet final retentit aussitôt, presque
étouffé par les cris enthousiastes des élèves de Gryffondor qui se ruèrent hors
des tribunes. Les joueurs se posèrent dans l’herbe du stade. Les Serdaigle,
bons perdants, vinrent féliciter les Gryffondor.
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